Je me souviens d'une époque où Dieudonné était encensé par la critique pour ses blagues grasses sélectivement orientées contre les Blancs, enfin je veux dire "le racisme", car tout le monde sait que seuls les Blancs sont racistes -d'ailleurs ils ne se définissent que par leur racisme. Je n'aimais pas le bonhomme, et cela n'a pas trop changé à vrai dire. Je suis toujours cependant impressionné par la manière dont, alors qu'il faisait l'objet d'un consensus parmi le peuple français qui, depuis 140 ans au moins, rêve de sa propre extinction et de celle de l'Europe au son des choeurs d'enfants africains, il a volontairement tout foutu par terre, et con brio SVP.

Car comment Dieudonné, le comique jadis adoubé par toute l'intelligentsia parisienne (très nordique comme tout le monde le sait), présenté avec son innommable comparse comme LE comique des années 90, "Rions ensemble contre le racisme" toussa...., comment ce type a-t-il commencé à suivre la pente savonneuse? Ce fut très simple: les élites vantaient tant sa compétence d' "entertainer", tout en se félicitant en coulisses de son talent d' "Entarter", qu'elles relachèrent la surveillance sur leur marionette. Or, patatra, arriva un évènement inattendu, qui reste le haut fait d'arme humoristique du bonhomme: au milieu des Blancs à dreadlocks et des "schickze" ponctuant toutes les vannes grasses anti-faces-de-craie d'un goguenard "Bien dit!", Dieudonné chercha ses mécènes et publicitaires du regard et leur dit: "Hé les Juifs, qu'est-ce que vous vous marrez? Vous aussi vous êtes des Blancs, et parmi les pires!". Les petits cris qui s'ensuivirent dans toute la salle auraient fait passer un abattoir en activité pour un lieu de recueillement; ce ne fut que couinements murins, hurlements porcins, meuglements, bêlements, jappements, pleurnicheries en yiddish, et imitation du cri d'assaillant brûlé vif à la poix fondue par certains membres du beau sexe (pour participer au concours, enregistrez un hurlement strident et rapide à base de "Aaaaaahiiiiiiiiiiiioooooooh!").

Tout ce qui suivit ne fut qu'une pâle répétition de ce numéro comique de haute volée. Seuls les esprits particulièrement mal intentionnés rigolent encore en pensant à la vieille tarte à la crème du fou faisant éclater de rire le parterre de ses maîtres, avant de leur tendre un miroir dans lequel ils reconnaissaient la caricature qu'ils avaient si abondamment moquée jusqu'alors.   

 


Un bug ayant proprement bousillé mon message de Noël, je réitère mes voeux de Nouvel An à tous mes lecteurs, particulièrement à ceux d'entre eux qui ont dû batailler avec leur santé pour voir ce jour arriver. Une pensée également pour ces vieux cons compagnons commentateurs et blogueurs qui viennent parfois lire notre prose. Nous ne vous oublions pas.